Les Bacs

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ur l'exemple de l'ancienne barque monoxyle, le bac est d'abord constitué d'une barque à fond plat, aménagée pour permettre un transport de plus en plus voluminaux. Il sert à la traversée des voyageurs, des pèlerins, des soldats, des marchandises et des animaux particulièrement nombreux les jours de marché. Les embarcations utilisées sur l'Adour et les Gaves pour ces grands bacs furent généralement de type "Courau", large, plat, de faible franc-bord et carré aux deux extrémités. Dès le milieu du XIXe siècle, le "Couralin" succèda au courau - auquel il ressemble par sa forme - au chaland, à la gabarre qui faisaient office de bac. Plus petit, plus facile à manœuvrer, il pouvait être mené par des enfants, comme nous en trouvons la trace sur certaines communes.

 

Le Passage de Saintamon à Cauneille

Un très ancien point de passage sur le Gave de pau se trouvait à Cauneille, en face de la maison dite "Passager", aboutissant au quartier "Le Sahuc" à Sorde. C'est ensuite sur cette commune que s'effectuait le passage du Gave d'Oloron.

Ce passage de Sorde était concurrent de celui de Balade à Saint Cricq, moins d'un kilomètre en amont.

En l'An XII de la République (1804), le passage du Gave de Pau à Cauneille est affermé à Bernard Saintamon qui lui donnera son nom. Pourtant, en 1808, quand la commune hésite à prendre le bac à sa charge, c'est Mathieu Delucq, propriétaire cultivateur, qui fournit le matériel et assure le passage. C'est une période prospère pour sa famille. Plusieurs de ses enfants peuplent le quartier du Passage, dont "Larbaigt", "Checq" et "Lajournade" où son fils aîné, prénommé aussi Mathieu, est forgeron. Il est vraisemblable que c'est lui qui fabrique les ferronneries du "Passatgé". Le manque de rentabilité du passage d'eau lui fera abandonner cette activité en 1818.

 

Au milieu du XIXe siècle, le service se composait de deux bacs. Un Grand bac de 10,50 mètres sur 2,80 permettait de transporter 50 individus ou dix chevaux ou six bœufs. Le Petit Bac, de son côté assurait la traversée de 28 individus ou 4 chevaux ou deux bœufs.

 

En 1872, c'est la municipalité qui demande la suppression du bac : "Le Conseil et M. le Maire, est d'avis à l'unanimité de ne point se charger du bac et consent en outre à ce qu'il soit supprimé, et soit desservi par le pont suspendu dit "Lacoudette."

Il va survivre encore quelque temps. Puis, sur son emplacement, à "La Cale", vont s'installer les laveuses qui font leur lessive au gave.

 

Le Bac de la Coudette à Cauneille

Alors qu'il avait été supprimé en 1795, le service du bac est rétabli à la Coudette en 1807 : "[…] Il convient d'ordonner l'adjudication de ce bac pour combler le vœu de tant de communes environnantes qui depuis plus de douze ans ne cessent de [le] réclamer à grands cris […]".

Le service de ce bac sera affermé jusqu'en 1839, date de l'ouverture du pont. Deux barques sont nécessaires. Tout d'abord, un grand bac de 9 à 12 mètres de long sur 2,50 m de large, garni d'un câble, de deux chaînes, d'un grappin, d'une rame et de deux écopes. Ensuite, un batelet avec un grand treuil, une chaîne et un câble.

Une précision de 1814 nous apprend : "En poids, les bacs ne pourront être chargés qu'autant qu'il faudra qu'il y ait 20 cm de hauteur du bord des bacs au-dessus de l'eau."

 

En 1839, le bac est déplacé "à mi-distance entre le pont [nouvellement construit] et le "Cap" [Le confluent des Gaves de Pau et d'Oloron ou "Bec de Taules"]. L'année suivante, l'administration ne trouve pas d'acquéreur : "L'insuccès de la vente paraissant devoir être attribué à la coalition des habitants dont les intérêts deviennent toujours communs […] au préjudice du trésor. Le matériel sera vendu à Saint Esprit.

 

Un nouveau bac sera temporairement installé en 1901 lors de la reconstruction du pont. Le passage, s'il est gratuit, est limité à huit personnes par traversée et se fait exclusivement de jour. L'abbé Thibert, en 1913 se souvient : "Tandis que l'on construisait le pont de la Coudette, les gens de Peyrehorade ou de Sorde étaient obligés de descendre dans une pauvre barque et de passer ainsi le Gave. Ce moyen de locomotion laissait à désirer."

 

Le Bac du Passager à Orist

Reliant Orist à ba voisine Saubusse, de l'autre côté de l'Adour, son emplacement, en amont du pont qui a pris sa succession. Côté Orist, il accostait sur la berge à l'endroit où l'on aperçoit, en période de basses eaux, une plage de sable.

Vestige de cette époque, la maison du passeur, ici aussi cadastrée "Passager". Située en zone inondable, le rez de chaussée seravit en temps ordinaire d'étable et un escalier de pierre permettait d'accèder à l'habitation. Selon son dernier occupant, cet étage n'aurait jamais été inondé.

Deux bacs assuraient la navette entre les deux berges. Un grand bac de 12 mètres de long et 3,20 mètres de large au maître-bau et 3 m aux extrémités hors-œuvres et un petit bac, ou passe-cheval de 7 mètre de long sur 2,35 m de largeur au maître-bau.

Au 21 août 1840, les deux bateaux et leurs équipements étaint estimés à une somme totale de 1056,38 francs.

Le traif de passage en 1880 indique 7 centimes pour une personne, 15 centimes pour un cheval ou mulet et son cavalier et 25 centimes pour une voiture chargée et attelée de deux chavaux.

Le passer a cessé ses fonctions en 1882, quand fut construit le Pont Saint Jean.

 

Le bac de La Marquèze à Pey

 

 

 

 

 

 

Les bacs de St Cricq du Gave

Pour vaincre l'isolement de la commune de Saint Cricq, il fallait des bacs. D'autant plus que l'endroit était un point de passage obligé pour les pèlerins de St Jacques de Compostelle et pour les armées se dirigeant vers l'Espagne, notamment, celles déjà, de Charlemagne. On passait le Gave de Pau à St Cricq, puis le Gave d'Oloron à Sorde l'Abbaye.

 

La commune comptait deux passages d'eau publics: celui de Camon-Balade qui fut abandonné par la commune de St Cricq en 1818 et fut ensuite exploité par la commune de Cauneille, et celui du Comte, dit Le Passage, sensiblement à l'emplacement du pont actuel, qui le remplacera dans les années 1940. Le bac, alors conduit par Émile Dumercq, servit à la construction du pont, et (accessoirement) pour faire traverser gratuitement les riverains.

 

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Le bac de "Camon-Balade" encore en service dans les années 1960

Comme pour les baros dans le domaine de la pêche, les bacs étaient concédés à un adjudicataire, appelé le fermier, qui devait s'acquitter d'un bail à l'État, entretenir le matériel et faire payer ses services aux usagers. En 1899, il en coûtait 10 centimes pour passer une bicyclette. En 1931, le prix était passé à 0,40 francs.

Le bac du Moulin à Labatut