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P R É A M B U L E

 

Les éléments contenus dans l'ensemble des pages qui suivent, présentant les diverses facettes de la présence de l'eau en Pays d'Orthe, sont le fruit du travail réalisé par l'équipe du Centre Culturel du pays d'Orthe entre 1994 et 1999.
Ils ont fait l'objet d'expositions et de publications.

Bien sûr, nous ne pourrons pas considérer que ces recherches sont terminées.
Il reste toujours un détail à découvrir, et nous continuons de rassembler témoignages et documentation sur le sujet.
Chaque information sera donc la bienvenue.

Ce fut une aventure exceptionnelle dans cet ingrat travail de fourmi, sans véritable logistique. Elle nous a appris la rigueur dans la réflexion, la ténacité dans la recherche et aussi, l'humilité devant la construction de l'Histoire.

Dix ans plus tard, sans davantage de logistique matérielle, l'enthousiasme de notre équipe n'a pas faibli. Au contraire, nous avons élargi nos champs d'investigation.

Avec cependant toujours le même regret qu'il ne se trouve pas de relais pour la conservation et la mise en valeur de cette contribution au patrimoine local qui a fondé notre société. Toutes ces actions qui ne peuvent être pleinement menées par une association sans moyens véritables.

 

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'histoire dont nous ne connaissons que quelques bribes, commence en Pays d'Orthe il y a trois millions d'années dans les eaux à 25 degrés d'un lagon paradisiaque où se prélassent nos "ancêtres", oursins et coraux… On retrouve leurs traces dans les gisements de La Téoulère, à Igaas, sur la commune de Peyrehorade.

Pour dessiner le paysage actuel, il faudra que le Gave s'en aille capter l'Adour qui fuyait vers le Nord Est.

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Avec un maillage étonnant de sources et de ruisseaux qui n'en finissent pas de se perdre dans la valse hésitation des barthes que bercent les marées, sensibles encore très haut sur l'Adour et les Gaves, tout le Pays d'Orthe est imprégné de cette eau qui contribue à la douceur de son climat.

L'eau nécessaire qui va déterminer l'implantation et la sédentarisation de chaque îlot de population. Au pied de la falaise de Sorde, les chasseurs installent un campement durable sur l'itinéraire  qui les mène des plaines du nord jusqu'aux Pyrénées, à la poursuite des troupeaux de rennes.
À proximité, le Gave leur fournit les saumons dont Robert Arramburru trouvera d'amples vestiges lors des fouilles entamées sur ce site.

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L'oppidum de la falaise de Sordes
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Les hommes vont trouver là l'eau dont ils ne peuvent se passer. L'eau qu'ils vont capter, détourner et domestiquer petit à petit.

 

Après avoir vécu de campement près d'une source en campement près d'un ruisseau, quand sera venu le temps de la culture et passé celui de la simple cueillette, l'eau domptée aux fontaines et aux lavoirs, actionnera aussi les grosses meules de pierre qui écrasent le grain dans les moulins.

 

Ici, à la Fontaine de Bourgneuf, à Sorde l'Abbaye

Ci-dessous, le ruisseau de Passariou à Cagnotte

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Dans un grand tronc évidé, ils s'aventureront sur la rivière et deviendront des bateliers experts à manœuvrer le couralin ou la tilholle.


De toujours, la gent aquatique représente pour l'homme du Pays d'Orthe un intérêt non négligeable. Ils perfectionnera à l'envi ses techniques de pêche jusqu'aux abords de la folie de faire disparaître certaines espèces.

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En 1972, à la pêcherie de Peyrehorade, la quête de plus en plus maigre des saumons...

Et puis, la respiration bi-quotidienne des marées sur le fleuve l'emportera jusquà ces effluves d'océan qui l'attirent irrésistiblement, comme autant de sirènes. Il franchira le pas, deviendra marin. Il bravera l'inconnu en poursuivant les baleines dans le Golfe de Gascogne, et poussera ses lignes jusqu'à Terre-Neuve.

 

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Bayonne - Photo E. Trutat (1840-1910) - Bibl. Toulouse

Des forêts de l'amont du grand fleuve, dans la montagne, il ramènera en trains de radelage les grands troncs qui feront de lui un équarrisseur de bois de marine.

Il deviendra flibustier, corsaire ou pirate, s'engagera dans "la Royale" puis, plus tard, dans la Marine nationale.

Parfois il goûtera, à son corps défendant, à l'expérience des galères. Mais cela est une autre histoire…


Toute cette épopée, au fil de l'eau, nous allons en tracer les grandes lignes dans les pages qui suivent.

Nous développerons aussi quelques aspects de l'eau en tant que loisir avec la page "Jeux d'Eaux" où vous pourrez découvrir la natation, d'abord pratiquée dans les Gaves, puis la piscine. Découvrir aussi lusage des bateaux de loisirs et de compétion à partir le base du Port de Plaisance de Peyrehorade.

 

Et, pour tous ceux qui en voudraient le détail très documenté, ils pourront trouver dans "Mémoire du Pays d'Orthe - Laha, le bon génie Orthois", publié par le centre Culturel du pays d'Orthe en 1999 (et qu'ils peuvent commander ICI), matière à satisfaire leur curiosité.

 

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rès avant dans son histoire, l'habitant du Pays d'Orthe va entretenir avec l'eau une relation ambigüe faite de crainte et d'amour. L'eau est l'un des éléments essentiels qui permettent une fertilité, une richesse et une douceur de vivre alors qu'en même temps, elle peut dévaster et se montrer implacable. 

Et longtemps, cette crainte empêchera l'Orthense de connaître les rudiments de natation. Nombre d'écrits sont là pour témoigner que la noyade est l'un des motifs de décès des populations riveraines. Nous en avons relevé quelques-uns des plus récents.

 

Quatre noyés dans l’Adour
Le lundy 28 febvrier 1667 se sont noyés dans la dour Jean de Labaste, Jean du Nouguié, Anthoyne de Labernède et Jean de Lugan, trois desquels ont esté troüvés et ensevelis, sçavoir lesdits Labaste et Anthoyne Labernède le mardy premier du mois de mars, et Jean de Nouguié le mercredy deux du mois de mars,

non ledit Leugan pour n’avoir esté troüvé et l’office fait par moy et mesme audit Lugan ...

 

 

Noyade de « Rous » au pont de Gourgues
« L’an de grâce 1745 et le treizième du mois de novembre a été trouvé

dans la nuit un homme étranger nommé Rous, chaudronnier de profession

dans le champ de millas au pont de Gourgues, mort et noyé, son corps a été inhumé dans le cimetière de cette parroisse en présence de Jean de Lafontaine, maître d’école et […] »

 

 

Noyade d’un inconnu
« Le six du mois de juin 1746 a été trouvé dans l’Adour devant Rasport, quartier de la présente parroisse un homme noyé qui a été déclaré inconnu

en présence des messieurs de la justice après la visite qu’ils en ont vu faire sans avoir découvert sur luy aucune marque de catholicité, ce cadavre était d’ailleurs si corrompu qu’ils ont été obligés d’en ordonner l’ensevelissement au bord de la rivière. Présents Jean Hondelatte, propriétaire et Jean de Vic ».

 

 

Vincent Devicq, noyé dans la barthe
« L’an 1782 et le 1er  mai est noyé dans la barthe de St-Étienne en faisant corvée avec le reste de la paroisse pour combler un précipice qu’avait formé la rivière de l’Adour en se retirant de son lit lors du débordement qui arriva le mois de juin de l’année 1781, Vincent Devicq cadet, de la maison de Poumès, agé d’environ 20 ans. Et le lendemain, son cadavre fut trouvé et après la visite de Messieurs les officiers de la juridiction et de leur consentement, il a été ensevely le dit jour dans le cimetière de la paroisse avec les cérémonies accoutumées. »
 

 
Accident d’Étienne Léberon
« Copie de la lettre écrite au Sieur Marmajour, juge de Peyrehorade le quatrième octobre ou par (méprise ?) le 4 août 1760, à lui remise par Jean Hondelatte dit Pey, en présence de François Sieulanne et de Jean-Pierre Lacau, rendus à Peyrehorade pour attester l’accident énoncé par ladite lettre que le sieur juge a fait communiquer au sieur Dautarribe qui était à Peyrehorade :
            Monsieur, un morceau de terre qui s’est détaché du haut d’une marnière vient d’ôter la vie au nommé Etienne Leberon, garçon âgé de 27 ans ou environ ; il restoit avec sa mère et son beau-frère, Estienne Bareyre, métayer à la Lavigne dans ma parroisse. Je ne say si l’assurance que je vous donne de la vérité de c’est* accident arrivé sous les yeux d’un grand nombre de personnes sera suffisant selon […] pour vous transporter sur les lieux et de faire faire la visite du corps qui est tout écrasé. J’ay l’honneur d’être avec respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant  serviteur.
Ainsi signé, Darrigrand, curé à Saint-Étienne, le quatrième septembre 1760 ou par méprise le quatrième
[illisible]
            Le dit sieur juge ne s’est point transporté sur les lieux pour faire le verbal de visite du cadavre et n’a fait réponse à ma lettre mais a dit à Hondelatte et Sieulanne qu’on pouvait faire l’enterrement du cadavre, ce que j’ay fait. »