oyers, chênes et châtaigniers qui font la fierté de notre bois d’Orthe furent longtemps des promesses de charpentes et de meubles. Il y avait tout un "rituel" autour de l’abattage (la lune, la marée …), puis du long séchage. Notre forêt ancestrale aurait donc un peu survécu jusqu’ici à travers des savoir-faire artisanaux que certains essaient de perpétuer et de transmettre. Ces savoirs s’étaient constitués au fil du temps, l’ameublement s’était fait plus raffiné, plus diversifié. Les coffres s’étaient effacés devant les armoires, buffets, bahuts et autres panetières ; les bancs de bois avaient cédé la place aux chaises, fauteuils et banquettes… Et les "maîtres-charpentiers" à qui on demandait tout, des fermes pour le toit au cercueil et aux meubles frustres, avaient été remplacés par les menuisiers et les ébénistes.

C’est dans un quartier à peu près tranquille aujourd’hui qu’on retrouve la maison Carrau, le quartier ancien du ruisseau de Lahounade qui fait la limite avec Labatut. Les moulins de Paillet, Lahounade ainsi que le prieuré de Sept-Haux un peu plus en amont dépendaient, au XVIe siècle, de Gratian de Gardera, abbé d’Arthous.


 À la Révolution, tout appartient encore, et pour plusieurs générations à la famille Despériers de Lagelouze – dont un des membres fut le dernier abbé d’Arthous – propriétaire de l’ancienne caverie de Mente qu’Arnaud-Louis d’Aspremont avait cédé à Catherine de Foix-Béarn, épouse de Jean II d’Albret en 1484.

 

 

Lorsque Denis Carrau vous parle de son métier avec toute sa passion, on sent bien la longue histoire qui a construit sa démarche. Et on se souvient. On se souvient qu’avant Denis, il y a eu Gilbert. Gilbert le musicien mais aussi ouvrier ébéniste chez Lesgourgues à Labatut, qu’il quitte en 1974 pour s’établir chez lui à Cauneille.

 

Le meuble est alors au sommet de la vague. On renouvelle à tour de bras le mobilier. Du vieux, du neuf, du restauré. Il y a de la place pour tous. Et dans cette époque de "modernisation" des bâtiments en pays d’Orthe, l’un d’eux va cristalliser les enthousiasmes : le château de plaine des vicomtes d’Orthe à Peyrehorade. Les chantiers estivaux se succèdent et les artisans font peu à peu leur apparition : tailleur de pierre, maçon, stucqueur, carreleur, menuisier, ébéniste. Gilbert Carrau va se voir confier la restauration des boiseries restantes au salon de Diane, confectionnées dans les années 1770 et dont on peut admirer les trumeaux de cheminées, tout en précision et délicatesse.

 

Retrouvez Denis CARRAU et ses réalisations sur son site :

www.meubles-carrau.fr