La Pêche & les Pêcheurs ( 2 )


La petite Histoire d'Anguilla Anguilla

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Appréciée déjà par les gastronomes de l'Antiquité, tant les Egyptiens que les Romains, l'origine de l'anguille européenne "Anguilla Anguilla" demeura une énigme jusque dans les années 1920. Des savants comme Linné, au XVIIIe siècle, Francesco Redi, Carlo Mondini, puis le Polonais Martin Rathke, vers 1850, tentèrent de comprendre ce phénomène de reproduction de l'espèce. Dans l'Océan Atlantique, se perdait la trace de la migration des anguilles et de l'arrivée inexpliquée des jeunes pibales (civelles) dans les embouchures des fleuves atlantiques, mais aussi, méditerranéens.

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Vers 1874, c'est encore un Polonais, Szymon Syrski qui précisa l'appareil de reproduction de l'anguille. mais il fallut attendre 1904 pour qu'un océanographe danois, Johannes Schmidt entreprit de recenser les témoignages de la présence de l'anguille. Il navigua de l'Islande aux Canaries, de l'Afrique du Nord à l'Amérique du Nord. Très vite, il soupçonna que le lieu insaisissable de reproduction des anguilles se situait plutôt dans l'Atlantique, la taille des larves s'amenuisant à mesure que l'on s'éloignait des côtes.

Mais la Grande Guerre de 1914-1918 interrompit ses recherches dans des eaux très disputées.

Il publia enfin les résultats de ses travaux dans les années 1920. La frayère de Anguilla Anguilla se situe dans un territoire délimité entre 20 et 30 degrés de latitude nord et 50 et 65 degrés de longitude ouest; autrement dit dans la Mer des Sargasses. L'anguille parcourt donc entre 5000 et 7000 kilomètres pour rejoindre les lieux de reproduction. Elle disparaît ensuite sans que l'on sache comment. Les larves remontent en surface et, portées par les courants - notamment le Gulf Stream - elle vont évoluer en forme, passant du stade de larve plate en feuille de saule à celui de cylindre effilé et transparent quand elle atteint les côtes européennes au terme d'un parcours de deux années.

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Elle est alors devenue la pibale ("civelle", au nord de la Gironde), objet de tous les désirs d'un nombre considérablement accru au cours de la deuxième moitié du XXe siècle de pêcheurs professionnels et amateurs qui auront mis en péril le devenir même de cette espèce.

 

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Anguilles vicomtales


"18 février 1364 […] Assalide de Pons et monseigneur Johan d'Aspremont son fils, confirment à l'Abbaye de Cagnotte la donation de 1200 anguilles à prendre l'an dans les viviers seigneuraux de Saint Barthélemy, Saint Étienne, Peyrehorade ou Lahontan, au choix des religieux […]"

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Même s'ils traitent notre pibale de civelle, nos voisins bretons n'en connaissent et honorent pas moins les mêmes poissons que nous. L'un d'eux, Gwen AËl Bolloré a édité en 1986 un remarquable ouvrage sur l'anguile, sa vie, sa pêche et aussi sa cuisine, dans lequel on peut découvrir une foule de détails. Très documenté, ce petit opuscule vous entraîne au cœur même du mystère qui entoure toujours l'anguille.

LE RÊVE DE L'ANGUILLE

Une sentinelle en danger

par Éric FEUNTEN

 

Éric Feunten, professeur en écologie marine nous présente ici une très belle étude sur ce poisson incroyable, mystérieux et très sympathique qu'est l'anguille.

Où il est question aussi si les sociétés humaines ne sont pas directement responsables de son déclin et parviendront à le sauvegarder.

La Pêche de la Pibale

Jusqu’à la fin de la première moitié du XXe siècle, il faut bien l’avouer, la pibale, très abondante est souvent pêchée pour alimenter les usines de fabrication de colle et si la population locale en mangeait, des quantités considérables étaient aussi distribuées à la volaille de la basse-cour !
Quand Jean Labarthe dit “Kiki” de la Maison Barthouil, s’associe en 1962 avec Thérèse Dussarat pour la commercialisation de la pibale, la vallée des Gaves et de l’Adour ne compte pas moins moins de 300 pêcheurs de cet alevin qui exercent sur l’Adour, les Gaves et la Bidouze.

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L’intérêt de cette pêche commence à devenir très attrayant car les Espagnols pour qui elle devient un plat "traditionnel"” des fêtes de fin d’année ( elle tient alors la place qu’occupe chez nous la dinde ) en sont friands. Et nos voisins Ibères ont pris l’habitude de venir acheter la pêche française. La vente se fait aux enchères en face de l’usine Barthouil, à Peyrehorade.
Il y avait dès cinq heures du matin, des queues de 150 personnes, principalement des vendeurs et  un dizaine d’acheteurs”. À huit heures, la vente est terminée. L’enchère est fixée par Kiki, de dix francs en dix francs, de 200 à 1000 francs au début de saison. Ces prix peuvent doubler aux environs des fêtes de Noël et du Jour de l’An. “Il y a eu jusqu’à 4000 kg vendus ainsi aux Espagnols”.
Très vite, un deuxième lieu s’ouvre à Horgave, chez Piet, au confluent de l’Adour et des Gaves réunis, où se pratique la vente de la pêche aux enchères. Une autre suivra à Saubusse puis encore à Capbreton.

 

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Cette pêche qui se pratique entre novembre et mars de l’année suivante, est pour les pêcheurs une véritable activité complémentaire, notamment pour les agriculteurs riverains qui se trouvent plus disponibles pendant l’hiver. Le nombre de pêcheurs augmente alors, que, paradoxalement, la pollution des gaves, un temps plus importante que dans l’Adour, quand le complexe industriel de Lacq tourne à plein régime et que s’installent les premières unités de traitement des productions à partir du maïs.
Puis, dans les années 1980, les Chinois et surtout les Japonais, grands amateurs de poissons, s’intéressent à notre pibale qu’ils emportent vivante pour alimenter des fermes marines de grossissement.

Une demande plus importante et une raréfaction du cheptel piscicole entraîne une grimpée vertigineuse des prix. Cercle vicieux, cela ne fait que tenter de plus en plus d’amateurs voyant là l’occasion de constituer des pécules intéressants. À tel point que les licences de pêche seront régulées à un nombre fixe.
Cet appât du gain rend les pêcheurs seulement attentifs à leur intérêt. Comme la pêche de la pibale se pratique la nuit ( où, faut-il le rappeler, tous les pêcheurs sont gris ) des histoires pas très jolies commencent à alimenter la rumeur publique. Où il est question de pêcheurs, hier amis qui se sont battus sur l’eau pour un emplacement de pêche. De stratagèmes pour faire croire que l’on pêche ici alors qu’on est là-bas…
Les couralins s’équipent de moteurs toujours plus gros et toujours plus rapides. Il y a des accidents. De petites fortunes se constituent. Mais c’est la pibale qui fait les frais de tout ce grand jeu qui empêche les riverains de nos cours d’eau de dormir, les enchante et les aigrit tout à la fois. Voilà bien longtemps qu’il n’est plus question de se faire cuire une cassolette de pibales. Alors, parler du temps où on les jetait aux poules est devenu un blasphème ! Mais le drame, c’est que la pibale, après moins d’un demi-siècle de folie de l’homme, est maintenant sur le point de disparaître ; et bien sûr, avec elle, tout le cycle migratoire de l’anguille.
Ce début de XXIe siècle hésite encore et n’a toujours pas su prendre les dispositions qui permettraient seulement de préserver un espoir : instituer un moratoire sur la pêche de la pibale.

Les Nasses de l'Ancien Régime

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Le principe de la nasse faite de fascines

Les nasses sont constituées par des barrages implantés souvent sur la totalité de la largeur des cours d'eau. Construites pour améliorer le rendement des moulins en augmentant la réserve d'eau et pour pêcher plus abondamment le poisson, elle représentent la plupart du temps un préjudice sinon un danger pour les autres utilisateurs de la rivière (navigation) et les riverains qui voient leurs terres constamment inondées.

Des textes de Justinien puis une Ordonnance de Paris de juin 1539 et celle de Moulins de février 1566 ont pourtant tenté de réglementer cette situation : "Les cours d'eau appartiennent au roi et nul ne peut y bâtir moulin, nasse ou pachère sans autorisation royale, sans payer un cens ou une rente au Domaine."

La nasse de Peyrehorade est désignée, parmi d'autres, comme obstacle à la navigation dès le XVIe siècle. Elle fit ainsi l'objet d'une enquête menée en vertu des lettres patentes d'Henri III, du 29 septembre 1582.

Il y eut d'abord l'ouverture de la procédure par Louis de Foix et Charles Du Sault, à Bayonne, le 5 octobre de la même année. Puis ils entendirent les arguments des usagers à partir  du 12 octobre : voituriers par eau, galupiers et marchands. Entre le 25 octobre et le 12 novembre, les propriétaires de nasses de la Nive, de l'Adour en aval de Dax et de Peyrehorade, présentèrent leur défense devant le conseil siégeant à Bayonne. Les défenseurs invoquent soit des lettres patentes des derniers rois, soit la possession immémoriale, et certains de ces gentilshommes ajoutent qu'ils ont besoin de ces nasses (et de leurs revenus) pour vivre noblement.

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Des travaux, au début du XXe siècle font apparaître la structure imposante du barrage sur le Gave d'Oloron pour alimenter en eau le moulin de l'Abbaye de Sorde.

 

Assigné le 22 octobre pour être entendu le 25, en même temps qu'Anthonin de Gramont et Jehan de Bessabat, le vicomte demande à avoir communication de la teneur des Lettres Patentes et un  délai pour préparer sa défense.

Enfin, le 16 novembre, Charles Du Sault avec Louis de Foix et des experts, remonte l'Adour dans la barque de Bernard Lafitte, voiturier par eau, passe par la nasse de Guiche, remonte une partie de la Bidouze et le Gave de Peyrehorade jusqu'à la nasse (nasse à poissons et à moulin sur le Gave de Pau) du vicomte d'Orthe qu'il visite avec ce dernier. Puis il repart pour Dax, où il arrive le 18 novembre.

"Et advenant le vendredy seizième de ce mois et suivant […] de la ville de Baïonne dans un galion conduit par Bernard Lafitte et quatre compagnons […] Le 17 sommes arrivés le long de lay rivière du Gave pour nous transporter au Port de Peyrehorade et vicomté d'Orthe et sommes arrivés environ à quatre heures du soir.

Et advenant le lendemain 18, nous nous sommes transportés en la [compagnie] du sieur vicomte d'Orthe sur le lieu de la nasse qui est à Peyrehorade sur lay rivière du Gave […] et à l'endroit où […] est faiste sur islo apartenanx au sieur viscomte et sur une branche d'ubg canal lay nasse est posée […] À l'autre se faist le passaige des bateaux et avons visité icelle nasse […] et vu paux en grande quantité et brands de part et d'autre que le sieur viscomte nous a dit être brand naturel et non transporté par lui ni aucun autre et qu'au lieu où est la nasse les brands était de tout […] et que lay nasse était faite par lui au lieu et place d'une autre nasse adjacente à sa maison qui était en ung endroit plus bas, plus domaigeable. À nous enjoint, experts, voir et visiter lay nasse et en faire un rapport."


Charles Du Sault et Louis de Foix font détruire toutes les nasses à poisson, ne conservant que les nasses à moulins, situées en général plus en amont qu'ils font modifier et toutes les nasses de l'Adour et de la Bidouze seront aussi détruites. Les pêcheries, telles que les avaient connues le Moyen-Âge ne subsisteront plus que dans les hautes vallées non navigables.

La nasse de Peyrehorade va tout de même subsister encore.


La Nasse de Sordes

L'abbaye de Sorde, avant même d'obtenir son privilège de Guillaume VII, possédait plusieurs nasses sur le Gave de Pau, et c'est dans son cartulaire qu'on en trouve les plus anciennes mentions dans notre région. Ainsi, en 1060, elle possède une part de la Nasse de Clavère ( ou nasse de Lesbay) sur le Gave d'Oloron, exploitée par Lesbay, Vergès et Broca, concessionnaires de l'Abbaye. Le procès-verbal de la visite du 30 août 1732 nous en donne une description précise:

"Ladite passelle ou nasse est une espèce de digue qui traverse entièrement ladite rivière depuis une rive jusqu'à l'autre par une suitte de tramail qui a plus de trois cent cinquante toises de longueur et qui est dirigée sur plusieurs replis en zigzac pour conduire le poisson dans des bassins pratiqués aux deux pointes ou avant-becs de cette passelle lesquels sont au milieu de la rivière et éloignés l'un de l'autre d'environ quatre vingt toises […] ouvrage composé d'une quantité considérable de pilots de bois de chesne de différentes grosseurs depuis six pouces jusqu'à neuf ou dix ayant aussi une distance différente les uns des autres depuis trois ou quatre pouces jusqu'à sept ou huit et les dits pilots ont cinq ou six pieds de hauteur au-dessus de la superficie des eaux ordinaires de cette rivière.

 

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Scène de pêche

(détail ci-contre)

de la tapisserie des mois Lucas

(Ci-dessous, Mars)

 

© Musée National du Château de Pau

J.Y. Chermeux

Sur lesdits pilots, est posé un treillis continu de bois faisant le même effect qu'un filet qui barre toute une rivière, mais qui s'élève cinq pieds au-dessus de l'eau, ce treillis est fait comme une jalousie au moyen d'une quantité innombrable de branches de coudrier ou noisetiers entrelassés alternativement en lozanges dont les trous ont communément un pouce et les plus grands un pouce et demy de largeur, en sorte qu'il semble que toute cette rivière passe comme au travers d'un panier et qu'il n'y a que les seuls goujons ou autres poissons de pareille grosseur qui puissent y passer ny ayant aucune autre ouverture si ce n'est les deux troux où le poisson est conduit par l'artifice de cette construction dans lesdits bassins et ensuite dans une espèce de mannequin d'osier qui est en terme françois la véritable nasse où ledit poisson se trouve pris sans en pouvoir sortir, cette nasse est encore couverte par un brise-glace qui garantit aussi les avant-becs des glaces et des arbres qui pourroient les endommager […] Leurs montans sont pointus par le bas et entrent dans le sable du fond du lit de la rivière et tout le treillis a actuellement quatre pieds et demy et jusques à cinq pieds de hauteur en plusieurs endroits au-dessus des eaux ordinaires […] insurmontable à toute sorte de poissons.

 

 

Il y a de plus trois passages ou échappées pour les grandes eaux afin qu'elles ne forcent pas la nasse ou pesselle et ne la détruisent. Ces passages sont faits de fassinage en façon d'épys barbus garnis de piquets et de gravier sur leurs glacis, les fassines qui composent cette partie d'ouvrage sont pareillement exhaussées pour empêcher que le poisson n'y puisse passer et ce n'est qu'à la faveur d'une inondation qu'il peut monter et descendre par dessus lesdits ouvrages […] et il y a dans cette pesselle un pertuis ou passelis pour le passage pour le passage des petits batteaux, lequel nous avons trouvé n'avoir que cinq pieds de largeur et entièrement fermé de piquets et de treillis de bois comme le reste de la pesselle un peu plus loin et à sept toises au-delà […] le grand pertuis ou passelis pour le passage des radeaux a seize pieds et demy de largeur, mais nous avons remarqué que ledit pertuis ou passelis est pareillement fermé par plusieurs gros piquets ou pieux enfoncés dans le fond du lict de la rivière et soutenus par le haut d'une poutre ou traverse attachée aux pilotis par chaque bout et le tout garny et fermé de treillis de même que le reste de la nasse ou pesselle […]  ledit pertuis ou passelis est très mal placé, puisque les batteaux ou radeaux pour y entrer, sont obligés de présenter le flanc au courrant et fil de l'eau. Cette disposition […] est ordinairement périlleuse à moins que l'eau ne soit dormante."

 

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Les cantonnements de pêche au XIXe siècle

La Révolution n'abolit pas les droits de pêche. Ils sont attribués à l'État et gérés, à partir de l'An XII, d'abord par les Ponts et Chaussées, jusqu'en 1897, puis par l'Administration des Eaux et Forêts qui vont les affermer par cantonnements  ou par lots, par adjudication à des fermiers, tant sur les Gaves que sur l'Adour.

Il y eut une période d'or des droits de pêche, au milieu du XIXe siècle. Ce fut ensuite le long déclin. On se plaint des conséquences de la guerre de 1870. Il ne reste plus alors qu'ub seul adjudicataire sur les deux Gaves : Saint Jean qui sera bientôt allié aux minotiers Larran. Cette situation de monopole va durer jusque vers 1920 où l'on verra entrer en scène les Anglais et leur pêche "au lancer". On s'achemine ainsi vers de nouvelle pratiques car la pêche fluviale traditionnelle connaît un terrible déclin et les pêcheurs ont dû se recycler ailleurs.

Ainsi se terminèrent les droits de pêche. Au début, on fit des cantonnements assez nombreux pour ensuite, vers la fin, attribuer ensemble les deux Gaves.

 

Sur les Gaves Réunis
Le cantonnement n°3 va lui, de la Coudette au Port de Peyrehorade, soit 4,870 km. Le quatrième cantonnement va du port de Peyrehorade jusqu’au port de Hastingues et le cinquième, du port de Hastingues au Bec du Gave.

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Sur l’Adour
Le cantonnement n° 4 s’étend de Vimport à Saubusse, soit 3,9 km. Le cinquième s’étend sur 11,690 km entre Saubusse et Lanne alors que les 3,9 km suivants entre Lanne et le Bec du Gave constituent le  cantonnement n° 6. Enfin, le cantonnement n°7 ( 7,790 km) entre le Bec du Gave et Urt puis le cantonnement n°8 (11,690 km) entre Urt et Saint Esprit, terminent ce découpage.
Aux pêcheries gérées par l’État, il faut ajouter des droits concédés à des particuliers; droits qu’ils avaient arrachés  au milieu du XIXe siècle, à l’apogée de la pêche fluviale.

 

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Au bord de la rivière, les "Bartaous" ( verveux ) mis à sécher

Sur le Gave de Pau
Le cantonnement n°1 s’étend de l’est de Labatut au port de Balade à Saint Cricq (5,85 km) et  la cantonnement n°2 va de Balade au passage de la Coudette (cantonnement du gave de Pau de 3,9 km. Les deux formeront à partir de 1859 le lot unique du Gave de Pau (10,75 km) “de la limite de l’inscription maritime à l’église d’Abet  à Lahontan, réserve faite du moulin de Cauneille sur 200 mètres en aval et autant en amont de la digue et sur l’étendue de l’ancien bras du Gave formant déviation pour l’alimentation du moulin”.
On dénombrera sur cette portion jusqu’à 26 pêcheries-baros de l’État.

Sur le Gave d’Oloron
Le premier cantonnement de sept kilomètres s’étend de l’entrée du Gave dans les Landes jusqu’à sa jonction avec le Gave de Pau. Il comporte six pêcheries-baros de l’État.

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