Adieu pègues et tisteys, adieu tomates et chrysanthèmes ...

la fin du XIXe siècle, le quartier Agor qui s'appuie contre la muraille ouest de la ville a une réputation d'insalubrité. C'est vrai qu'il s'ouvre sur une rue des Chapons populaire et populeuse où s'entassent les besogneux de la ville, journaliers, pêcheurs, charpentiers... dans un enchevêtrement de ruelles qui mènent au gave, puis d'escaliers à flanc de colline.
Les édiles municipaux de l'époque vont frapper un grand coup et faire tomber les masures pour "ouvrir" un espace qui donnera la place Nauton-Truquez, du nom du bienfaiteur qui vient de mourir en laissant un legs important à la ville.
Fini le quartier d'Agor et recul de la rue des Chapons pour créer un bout de rue Sainte Catherine, d'une résonnance plus acceptable que ces noms qui rappellent trop l'ancienne présence de ces exclus : les cagots (ou chrestias, ou gézitains) que l'on avait relégués hors des murailles.

La petite place va devenir une place commerce très active, avec sa poste, son école des garçons et bientôt sa salle des fêtes. Au coin de la rue Gambetta bien nantie en auberges et cafés où se rassemblent les pêcheurs et ouvriers, le Café Darraspen.
Dans les années 20, la première agence de crédit agricole s'y installera. Et tous les mercredis, la place ombragée de tilleuls (plantés en 1910) va accueillir une partie du marché. Un siècle de vie sociale et marchande. 

Ceux qui sont allés au collège (avant 1965) à l'actuelle école Jean Rameau se rappellent la boutique de Mme Sorhouet, ses malabars, ses réglisses et j'en passe.

 

Un siècle est passé.

 

La ville moribonde, dans un nouveau soubresaut, s'apprête à une nouvelle opération chirurgicale dans ce quartier : raser la place et les tilleuls (on ne saura donc jamais si ceux-ci auraient pu devenir millénaires comme ceux de leur espèce !) et ouvrir en grand une large avenue sur le Gave pour le vent du large... en détruisant encore une fois une bâtisse gênante pour la vue de quelques privilégiés qui pourront regarder l'onde à travers les carreaux, bien à l'abri des embruns, et aussi regarder passer camions et voitures dans un ballet incessant.

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Commentaires : 2
  • #1

    Michel ROBERT (mercredi, 08 mai 2013 18:05)

    A props de Madame Sarhouet ne pas oublier les collections de "San Antonio" , "Paul Kenny" et tous ces auteurs de romans policiers qui nous ont fait rêver...Cette charmante dame nous prévenait dès que le dernier numéro de la série était en magasin...son mari qui était menuisier venait parfois lui donner un coup de main lorsqu'il y avait affluence dans la boutique...Monsieur et Madame Sarouet étaient très gentils et très patients avec les jeunes que nous étions à cette époque là....
    C'était pour nous , la boutique "incontournable" de Peyrehorade.

  • #2

    AUMASSIP Francis (jeudi, 10 mars 2016 17:04)

    Votre site est tres intéréssant et de tres belle photos ancienne sur peyrehorade
    ceci me rapelle le temps ou je venais voir la famille