Sordes, le saumon et la machine à pêcher : le baro
Malgré la tradition orale qui voudrait que ce soient les moines de Sorde qui l’aient inventé au XVIIIe siècle, l’inventeur de cette machine est un natif de Peyrehorade. Bricoleur de génie, fils du meunier de Pardies, Louis Cazaumajou (1741-1808) met au point son premier modèle en 1789.
Son surnom de "Sallemonie" indique bien que Cazaumajou était bien le "Monsieur Saumon" de la région. En 1806, il est universellement reconnu comme l’inventeur du "baro" et il réussit à mettre au point la version installée sur bateau. Il n’eut pas l’idée de faire breveter son invention. Il a vécu et est décédé pauvre.
Il meurt dans un état proche de l’indigence.
Il semble que les premiers essais remontent aux années 1780. Cette hypotèse est fort probable car on sait que les nasses ont été abandonnées avant la Révolution. Les "baros" possédaient de grands avantages. Ils se répandirent rapidement. Mais bien vite, il y eut saturation. Dès 1813, on en dénombrait 23 dans un triangle Cauneille, Sorde, Peyrehorade. En 1816, il y en avait 23 pour la seule commune de Cauneille (soit un tous les 150 m !) sur les 35 installés sur le Gave de Pau, entre La Coudette et St Cricq du Gave.
Retrouvez l'histoire complète du Baro dans les pages pêche de notre site.
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La Digue et l'ombre du saumon
Dans la légende soigneusement entretenue, la digue reste ( au passé, bien sûr ) un des hauts lieux du braconnage des saumons. Gênés par l'obstacle que constitue la longue digue qui dérive la rivière vers le moulin de l'Abbaye, les saumons de printemps qui filent vers les frayères de la haute vallée du Gave se pressent à son pied. Ils sont là, vulnérables et proie bien tentante pour tous ceux qui rêvent d'assurer un petit pécule en allant vendre cette manne aux restaurateurs de la région. (La vente du produit de la pêche amateur a été autorisée, rappelons-le, jusqu'à la première moitié du XXe siècle).
Bien sûr, le nombre d'histoires qui se colportent toujours mettant en scène ce lieu mythique, dépasse certainement ce qu'a du être la stricte réalité. Mais on ne
prête qu'aux riches, c'est bien connu…
Après des crues, la digue du moulin des moines, encombrée - Ph. M. H. Cingal
Embarquement pour l'Île...
De nos jours encore, c'est un bac qui assure la liaison avec "l'île", enchâssée entre les bras et la dérivation du Gave. Les saumons sont devenus rares et cet espace a donc changé ses centres d'intérêt. L'île est devenue le domaine de la liane Actinidia, le kiwi qui assure une nouvelle prospérité pour quelques familles sordianes.
L'École à Sordes
À un siècle d'intervalle, le groupe scolaire de Sorde
avec des enfants, en 1910, ci-dessus et…
avec des automobiles, en 2009. Photo ©M. H. Cingal
En se promenant dans le village…
N'allez pas croire que nous puissions laisser supposer que la promenade au hasard des rues du vieux village de Sordes soit un chemin de croix !
Au contraire, il s'agit plutôt d'un jeu de piste complexe et attrayant qui permet de découvrir mille traces, mille vestiges, l'empreinte de mille anecdotes de la grande comme de la moins grande histoire.
Sorde et les cartes postales des années 1960
Fontaine et lavoir de Bourgneuf au "Pélan"
Bien qu'il ne soit plus utilisé et même s'il est devenu avant tout un édifice témoin d'une époque, ce Lavoir Fontaine est régulièrement entretenu.
Construit pratiquement dans le lit du Gave d'Oloron, il participe au charme et à la tranquillité de cet endroit.
On retrouvera dans les pages "L'eau en Pays d'Orthe" de ce site, les sources, ruisseaux, fontaines, lavoirs, puits et moulins de Sorde l'Abbaye et des autres communes du pays d'Orthe.
La Mairie et maisons anciennes
Photos Marie Hélène Cingal 2008
La Place de la Mairie avant 1914 - Carte ancienne, Lartigau Éditeur
Sur les Chemins de St Jacques
St Martin de Misson
La voie jacquaire passant par Pouillon traversait le Gave de Labatut à St-Cricq du Gave et s’enfonçait dans la forêt du coteau par le "chemin de Charlemagne". Une première étape à St-Martin de Misson, paroisse primitive du territoire de Sordes, élevée sur la villa de Lahitte à l’est de la commune actuelle. De là, on pouvait passer le Gave d’Oloron au lieu-dit "La toumbe" et reprendre le chemin qui passait par St-Vincent de Léren, avant de se diriger sur Ostabat.
Le passage du Gave d'Oloron aux rochers de La Toumbe
Ci-dessus et ci-dessous, l'église St Vincent de Léren - Photos M. L.
Jean Baptiste DORTIGNACQ
Si Jean Baptiste Dortignacq est originaire d'Arudy (Pyrénées Atlantiques) où il est né le 25 avril 1884 ( il est le fils de Joseph Arnaud et de Marie Conte Cambus ), il va s'installer en Pays d'Orthe où, après une glorieuse carrière cycliste, il finira ses jours.
Il s'éteint à Peyrehorade le 13 mai 1928, à l'âge de 44 ans après s'être reconverti comme hongreur.
Surnommé "La Gazelle", il participe à six éditions du Tour de France entre 1903 (c'est la première édition de cette compétition) et
1910 au cours desquelles il s'adjugera sept victoires d'étapes. En 1904, il termine second du Tour après avoir gagné deux étapes très longues, comme elles le sont à cette époque ( on roule aussi
pendant la nuit ! ) : la cinquième étape, de Bordeaux à Nantes (425 km) et la sixième, de Nantes à Paris (471 km).
En 1905 des clous sont répandus sur le parcours par des manifestants. Tous les coureurs sont victimes de crevaisons lors de la première étape, à l'exception de Dortignacq. Est-ce pour cette raison qu'il finira troisième de l'épreuve cette année-là ?
Il a cependant gagné trois étapes. D'abord la sixième de Nîmes à Toulouse (307 km) puis la dixième, de Rennes à Caen (167 km) et enfin la dixième et dernière étape, de Caen à Paris (253 km).
En 1906, il s'imposera sur "ses" terres lors de l'étape de Toulouse à Bayonne (300 km).
Pour sa quatrième participation au Tour de France, en 1908, il remporte la sixième étape, de Grenoble à Nice (345 km).
Il sera aussi le premier vainqueur d'étape non italien dans le Giro (Tour d'Italie).
En 1909, il remporte la seconde place des Douze heures de Toulouse, avec André Perchicot, le coureur bayonnais, son cadet de quatre ans.
Il s'installe à Peyrehorade, où , tout naturellement, il tient une magasin… de cycles. Tout naturellement aussi, il animera, avec René Lesgourgues, négociant en peaux et Jules Boyer, propriétaire, la Commission "Cyclisme" de la toute nouvelle société "L'Aspremontoise", dont l'agrément est demandé le 24 décembre 1920 pour "préparation à la guerre" [!]
Le Monument aux Morts
Les enfants de Sordes qui tombèrent sur les champs de bataille de la Grande Guerre furent, comme dans toutes les communes de France, honorés d'abord par l'érection d'un Monument public qui fut dans un premier temps construit sur la place au nord de l'église abbatiale (photo ci-contre, dans les années 1940) puis déplacé ensuite au droit de l'entrée Ouest de la même église (photo ci-dessus à gauche).
Une plaque de marbre sur laquelle figurent aussi les noms des Morts (ci- dessus, à droite) fut placée au sein même de l'église, symbolisant
l'hommage religieux.
Retrouvez l'histoire des Poilus
de Sorde l'abbaye et des autres communes
du Pays d'Orthe dans ce numéro Hors série
de notre revue Orthenses qui a été publié
en novembre 2008 grâce aux apports
de documents, photos, témoignages,
carnets et décorations par les familles
de ces soldats.
En cliquant sur l'image, vous accédez à la page
où vous pourrez commander cet ouvrage… et d'autres.
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