dim
01
nov
2009
Histoire de citrouilles
“À une branche d’arbre, à une branche haute et noueuse, sur le chemin que la jeune fille devait suivre, Émile attacherait l’épouvantail classique: une
citrouille vide percée de trois trous ; deux représentant les yeux et un représentant la bouche. Il mettrait une chandelle allumée là-dedans.
[…] Bien souvent Émile avait terrifié de cette manière les paysannes attardées. La “tête du Diable” produisait toujours un effet
extraordinaire. On citait une couturière de Bélus qui en était devenue folle.[…]”
’engouement depuis un demi siècle de nos contemporains pour tout ce qui provient d’Outre Atlantique, aurait parfois tendance à nous faire oublier que nous avons des ancêtres - pas si lointains - communs et donc, des traditions pour le moins similaires que les émigrants des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles emportaient au creux de leur sac de voyage.
Mais comme si nous devions toujours adorer l’exotisme et le lointain, toute une génération ne jure plus que par un célèbre soda qui ne fut pourtant que l’adaptation
du vin de coca des Corses. Et si nos bambins ne semblent plus rien savoir de ce qu’est ce temps qui sépare l'Épiphanie et le début du carême, temps qui marque l’ouverture du
carnaval, pour sacrifier ( au grand bonheur des boutiquiers qui font leur marge sur des importations asiatiques…) à la très américaine fête d’Halloween.
Vous avez dit “très américaine” ? Le texte présenté plus haut n’est pas une traduction d’un auteur estampillé USA mais un simple passage de “Yan”, roman de Jean
Rameau, publié en 1895 ! Et l’on voit ainsi que la célèbre citrouille qui préside aujourd’hui au bal des sorcières "amerloques", avant que d’être américaine, avait germé depuis
longtemps dans notre terroir des cazaous du bord des Gaves et de l’Adour. Et sans l’aide des grands semenciers, en plus !
Ne serait-il pas temps de rendre à “Yan du Bignaou” ce qui appartient à Yan, le grand-père d’Émile ?
--------- Texte proposé par Louis Pardies le 1er novembre 2009 -----------
1 Commentaire
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#1
Traditions ?
En cette nuit noire où la lune montante est dissimulée par d'épais nuages, sur le chemin qui la mène à la maison, apparait à hauteur d'homme un crâne ou quelque chose qui y ressemble. Par ses orifices évidés jaillit une lumière rouge.D'abord effrayée, Maïluisa s'approche craintivement et éclate de rire. "Encore un mauvais tour d'Iban, heureusement qu'amatxi m'a raconté ces vieilles coutumes" se dit-elle.
Et oui, rien de neuf en Amérique, même ce monde dit nouveau ne l'était pas.En Gascogne et dans tout le Bas-Adour, il n'y a pas si longtemps, existait la "sarabande" autour de la maison des jeunes filles qui étaient supposées être enceintes et on n'hésitait pas à leur faire peur avec des citrouilles vidées dans lesquelles on disposait une bougie si elles rentraient un peu tard...et pas seulement pour Toussaint ou Halloween !
Quant au symbolisme du feu volé aux dieux par Prométhée, dans lequel Dieu parlait à Moïse, il est aussi ancien que l'humanité.
La fête de tous les saints est venu se greffer au VIIIème siècle sur une ancienne fête païenne comme la plupart des festivités chrétiennes . Dans les premiers temps ils étaient célébrés au printemps.
Les américains et ceux qui leur ressemblent ont l'art de s'accaparer tout ce qui est vivant,y compris les traditions, à condition qu'on puisse en faire commerce et si on fait revivre les morts, les possibilités sont infinies!
Alors, Halloween, Thanksgiving, Christmas, Valentine's Day, St Patrick Day... : DOLLARD's Days




